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Le retour d'une "Ten Wheel" prestigieuse et mythique ! Une souscription
est ouverte pour son rapatriement et sa restauration Pour ses 40 ans,
l’AJECTA n’a pas fait dans le détail. Elle s’est offert le plus
beau des présents, la mythique 230 D 116, et a redoré
ainsi son blason de porte-drapeau des acteurs du patrimoine ferroviaire
français (en toute modestie...). Bienvenue à notre
nouvelle pensionnaire, treizième du nom.
![]() ![]() Il faut d'abord rendre un grand hommage aux ferroviphiles grand-bretons qui sont quand même à l'origine de cette préservation ! La 230 D 116 avait radiée des effectifs en 1964, alors affectée au dépôt de Boulogne. Elle échappe au chalumeau grâce à un projet d'intégration dans les collections du musée de Mulhouse et est garée par la SNCF à Chalon s/ Saône. Délaissée au profit de la 230 D 9 (car cette dernière avait été construite en France...voir photo en bas de cet article), elle échappe une seconde fois au chalumeau grâce à son rachat en 1971 par des amateurs britanniques réunis au sein du "Nord Locomotive Preservation Group" (pour d'évidentes raisons de proximité, les machines du Nord ont toujours reçu les faveurs de nos amis britanniques). La 230 est transportée en Angleterre à Ashford, puis à Petersborough en 1975 où elle reprend du service sur le Nene Valley Railway. ![]() Il faut bien se convaincre qu'au début des années 70, la préservation ferroviaire de locomotives en vue de leur remise en état n'est qu'à peine naissante en France. L'AJECTA, pionnière dans le domaine, n'a investi le dépôt de Longueville qu'en 1971 et ses objectifs sont alors centrés sur de petites machines, techniquement les plus simples, a priori les seules accessibles à des amateurs sans expérience et disposant de peu d'outillage. Les grands bataillons de Ten-Wheels avaient de toute façon déjà disparu et une improbable rencontre avec une des dernières rescapées (comme la 230 D 18 du dépôt de Calais, proposée aux ferailleurs en avril 1971), ne se serait pas nécessairement conclue par son sauvetage. Sans cette expatriation, la 230 D 116 aurait très vraisemblablement été découpée (comme par exemple la 150 B 9, encore présente à Chaumont en 1972, à laquelle avait été préférée la 150 P 13, moins coûteuse à restaurer). ![]() La 230 D 116 finit par être délaissée au sein de la Nene Valley qui avait abandonné son objectif de faire rouler des locomotives à vapeur continentales (on l'avait vue affublée d'une pancarte "The Flying Dustbin"...). Beaucoup s’émouvaient de son sort, bien des années après une arrivée « triomphante » sur le sol britannique et le milieu des ferrovipathes s’attristait mois après mois de son devenir. Pire, entre souscriptions, contacts et tentatives plus ou moins sérieuses de rachat, elle avait été récemment mise en vente par son propriétaire sur E-bay ! Comble d’horreur qui laisse pantois quant au traitement réservé à ces monstres du patrimoine ferroviaire. ![]() Cette mise en vente, infructeuse, est peut-être pourtant à l'origine d'une prise de conscience. Les choses s’accélèrent et des négociations sont alors engagées dans le plus grand secret, fin 2007, entre l’AJECTA par l'intermédiaire de Bernard Neveux, et son propriétaire. Quelques semaines plus tard, la situation s’éclaircit et grâce à l’improbable geste d'un membre, Guy Rémy, qui finance la totalité de la machine, l’affaire est conclue. L’ex Nord 3.628 regagnera la France de la plus belle manière qui soit : entre les mains expertes d’un acteur de premier plan dans la préservation du patrimoine ferroviaire français, et mieux, au cœur d’un temple qui lui est dédié, le Musée Vivant du Chemin de Fer à Longueville. Une résurrection ! ![]() Le transport de la Nord, exceptionnel à bien des égards, se prépare depuis plusieurs mois maintenant entre l’AJECTA, un transporteur britannique et nos relais britanniques que nous remercions vivement pour leur précieuse aide. Il devait être effectif courant juin 2008 une fois réglées certaines petites tracasseries techniques. En effet, en raison de travaux de construction d’un hangar, la voie sur laquelle était garée la 230 D 116 était coupée du reste de leur faisceau. A chaque contact avec la Nene Valley, la date d'achèvement des travaux était différée : mai , puis juin, puis août !!! Celà a finalement été chose faite à l'été pour pouvoir charger la machine sur le camion dans des conditions normales. ![]() Par contre, c'est maintenant le parcours routier français qui pose problème. Arrivant par le port de Cherbourg, le convoi exceptionnel doit emprunter la RN13. Or une section à 2 X 2 voies de celle-ci est en travaux et ne peut voir passer le convoi. Il nous faudra attendre au minimum fin novembre 2008. Patience donc avant de pouvoir la découvrir, ou redécouvrir en tôle et en bielles au cœur de ses consœurs du dépôt des locomotives de Longueville. Nous aurions naturellement aimé que la 230 D 116 soit l’invitée de marque des Journées Vapeur de Septembre, lors des Journées du Patrimoine, mais ce ne sera que partie remise. Mais n'oubliez pas qu'il faudra de l'argent pour son transport et sa restauration, beaucoup d'argent ! Une souscription est lancée, répondez à notre appel ! Avant de se quitter, une dernière image de sa soeur de Mulhouse, la 230 D 9, venue à Paris le 31 janvier 2005. Elles sont belles ces Ten-Wheels, non ? ![]() Retour à la page précédente
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