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En suivant les lignes secondaires de l'EST

          La 130 B 348, une campagnarde discrète  
          
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Après leur transformation, les locomotives de la série 30 000  reçurent des tenders à peine plus gros que ceux d'origine, d'une capacité de 13 m3. Même pour des services locaux, leur autonomie en eau était faible. Pour augmenter leur rayon d'action, certaines d'entre elles ont été accouplées à  des tenders de 20 m3, disponibles après la réforme d'autres locomotives (220A ?). La 130 B 348 n'en a pas bénéficié durant ses années de service mais, au moment de son rachat par l'AJECTA, le ferraillage malencontreux de son tender a imposé l'achat d'un autre tender, le 20 A 30, encore garé au dépôt de Gray au début des années 70 et ayant servi en dernier lieu au ravitaillement hebdomadaire en eau potable des maisons des passages à niveau des lignes de la région. 

La 130 B 348 à Longueville (Photo D.FAYOLLE)Il est difficile de donner une date de naissance aux 130 B car elles sont issues de la reconstruction au début du XXeme siècle de machines datant du milieu du XIXeme.

Elles sont, à ce titre, très représentatives des pratiques des anciennes compagnies. En effet, le réseau ferré français avait été construit dans un contexte libéral qui, concurrence oblige, avait favorisé la multiplication de petites compagnies, exploitant des tronçons de ligne plus ou moins étendus.
Après l'intégration rapide de ces lignes dans les grands réseaux régionaux, ces derniers se retrouvèrent à la tête d'un parc très fourni de petites machines, inadaptées à la nouvelle nature du trafic. L'alternative était donc soit une réforme pure et simple, soit, pour les plus modernes d'entre elles, une reconstruction permettant d'en accroître les performances et de réaliser quelques économies par rapport à l'achat de machines neuves.
C'est ainsi que la Compagnie de l'Est décida en 1895 de transformer d'anciennes 030 construites entre 1859 et 1884. La plupart provenaient de la Compagnie de l'Est elle-même, mais certaines aussi de la Compagnie des Ardennes, intégrée à la Compagnie de l'Est en 1863. L'immatriculation des machines transformées reprenait le numéro à 4 chiffres des locomotives d'origine (compris entre 0250 et 0766 suivant la tranche d'origine) mais précédé du chiffre 3, la famille étant habituellement désignée sous le nom de série "30.000".

Sur un parc initial de plus de 300 machines de type 030, 140 furent transformées selon deux types assez proches:

- 48 en 130 compound à deux cylindres (d'où le surnom de "boiteuses" à cause de leur dissymétrie, un petit cylindre à haute pression et un gros cylindre à basse pression) et majoritairement à vapeur saturée (série VIIIc, c pour "compound", futures 130 A à la SNCF)

- 92 en simple expansion et surchauffe (série VIIIs, s pour "surchauffe", futures 130 B à la SNCF).

La 141 TB 407 sur le pont tournant de Longueville (Photo Bernard Toupance)Entièrement réalisées aux ateliers d'Epernay, les transformations se sont échelonnées entre 1905 et 1926. Il ne restait en fait sur ces nouvelles machines que très peu de pièces des 030 d'origine. 

C'est à la fois leur simplicité et leur relative légèreté, leur permettant de circuler sur des voies faiblement armées, qui ont fait le succès et la longévité des 30000 de la Compagnie de l'Est. Après leur incorporation dans le parc de la SNCF, les 130 A, techniquement plus complexes que les 130 B et sans posséder en contrepartie une puissance supérieure, ont été assez rapidement réformées, la dernière disparaissant des inventaires en 1957.
Les 130 B, par contre, ont eu une longévité exceptionnelle puisque les dernières ont roulé sur le réseau CFTA de Gray jusqu'à l'été 1969, remplacées alors par les 140 C plus puissantes.

On ne possède aucun document relatif à la 30348, sa transformation probable remontant à 1922. Sa carrière à la SNCF sous l'immatriculation 130 B 348 ne nous est pas plus connue. Elle a terminé son service au dépôt CFTA de Gray, vraisemblablement en 1967 puisque sa dernière épreuve hydraulique remonte au 11 septembre 1957. Rachetée par l'AJECTA en 1972, c'est sa sœur, la 130 B 476, présente à Longueville dès 1971, qui a été la seule des deux, pour l'instant, à avoir été remise en état.

         

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