La
Collection de l'AJECTA: Quelle Philosophie ?
I - Le sauvetage des locomotives
L'AJECTA
est née, il y a plus de 30 ans, de la passion de quelques amis, tous
amoureux du vieux chemin de fer, celui des gueules noires et des lignes
secondaires. A la fin des années 60, la vapeur était moribonde et son
extinction inéluctable. Nombre d'amateurs parcouraient frénétiquement
la France, appareil photo en main, pour recueillir des images de ses
derniers panaches. Désirant vivre jusqu'au bout sa passion, ce petit
groupe va aller plus loin encore en envisageant le rachat de locomotives réformées, avec
l'idée de les remettre en état de marche.
Constituée dès
1968, cette équipe s'était initialement rassemblée autour d'un projet
de reprise d'une ligne secondaire à voie métrique (Florac - Ste Cécile
d'Andorge, voir l'histoire de l'association). Après l'échec de ce
projet, l'idée La collection de l'AJECTA s'est donc constituée au départ dans une optique "chemin de fer secondaire", avec un objectif de sauvegarder de petites machines, techniquement accessibles à des amateurs disposant d'un outillage limité. Que pouvait-on trouver à l'époque aux environs du dépôt de Longueville ? Des machines typiques des services mixtes, marchandises et voyageurs, sur les petites lignes: 140 C Est, 130 B Est (il n'y avait plus hélas de 230 Est), des machines de banlieue déclassées (141 TB Est), des machines de manœuvre (040 TA Etat) ou des machines industrielles (040, 030, 020). Le sauvetage d'engins plus lointains était difficilement envisageable à cause du coût du transport, souvent plus élevé que celui de la machine elle-même. Des récupérations intéressantes ont ainsi été malheureusement compromises (141 TA PO). Seule exception, la 141 TC Etat, dénichée en Bretagne, car elle fut l'ultime opportunité de sauvetage d'une machine de ce type. Cette philosophie était raisonnable à l'époque, mais on peut maintenant rêver aux quelques grosses machines qui étaient encore stockées dans les emprises des dépôts, en l'attente d'une expédition vers un ferrailleur. Certaines d'entre elles ont été visitées sur leur lieu de garage (241 A à Noisy les Sec, 150 P à Chaumont, 141 P à Neufchateau, 231 K à Troyes, ...), mais elles n'avaient au mieux servi qu'à récupérer des pièces. Malgré une option sur une 141 R nivernaise, celle-ci avait semblé trop lourde et trop complexe à remettre en état. Dix ans plus tard, l'expérience et l'équipement aidant, on peut penser que les choix aient été différents. Rien à regretter toutefois. Ces acquisitions n'auraient pu être réalisées qu'au détriment des premières. Il faut bien se rendre compte que, malgré la relative modestie des prix (la ferraille se vend à la tonne), ces achats ont été supportés par les membres eux-mêmes, imposant souvent de véritables sacrifices (familiaux, entre autres...).
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