La
Collection de l'AJECTA: Quelle Philosophie ?
II - Le sauvetage des voitures et wagons (1)
Hormis
les locomotives, quelques autorails et locotracteurs, la collection de l'AJECTA
compte un nombre important de véhicules (environ 60), mais ceux-ci ont
été sauvegardés à des époques et pour des objectifs très divers. Au
début des années 70, au moment de la récupération intensive de
locomotives, le sauvetage du matériel remorqué n'est pas une priorité.
Il est encore très facile de louer pour des circulations spéciales des
voitures anciennes datant du début du siècle. On ne cherche alors que la
belle pièce ou la pièce rare (voiture pullman 4038 par exemple).
L'interdiction précoce des circulations spéciales sur les voies SNCF et
un nouveau départ vers une exploitation touristique en 1974 (Chinon-Richelieu)
marque le début de la première grande vague d'acquisitions. Des voitures
en bois tôlé, à deux ou trois essieux et à portières latérales,
d'autres entièrement métalliques mais à plates-formes, sont parfaites
pour cet usage. Il était temps car les dernières survivantes ont disparu
en moins de 10 ans.![]() Une scission au sein de l'association en 1979 se traduit par un repli sur Longueville. L'aspect purement muséographique est privilégié avec l'acquisition de matériels rares, comme par exemple la rame dite de St Germain, seule rame historique française, réformée après l'envoi de sa locomotive, la Crampton n°80, au musée de Mulhouse. Avec la nouvelle autorisation de circulation sur le réseau SNCF début 80, la remise en service de la 140 C 231 rend nécessaire l'acquisition d'une rame. Ce sont les voitures Talbot, bien adaptées aux trajets en banlieue parisienne, qui sont choisies pour leur cachet et leur empattement suffisamment court pour être tournées sur le pont tournant du dépôt. Sept voitures sont achetées, mais il faut malheureusement déchanter. Le coût estimé de leur remise en état dépasse toutes les prévisions et il faut se contenter de louer des voitures modernes, en incorporant toutefois dans la rame les voitures Pullman et Restaurant de l'association. En quelques années, la nature des trains organisés par l'association évolue. Les destinations sont de plus en plus lointaines (St Lazare-Dieppe dès 1984). La mort des voitures des anciens réseaux est programmée à brève échéance et il n'y aura bientôt plus que des voitures "Corail" à louer. La "jeune génération", qui n'a pas connu l'époque pionnière, se lance dans un ambitieux programme de sauvetage.
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