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Parisien ou Champenois ?
I-Une naissance tardive
De sa
création à sa fermeture en 1967, le dépôt de Longueville a établi un lien entre les
régions parisienne et troyenne. Le simple
examen d'une carte du réseau ferré
permet de s'en convaincre.
L'histoire ferroviaire régionale débute en 1848 avec la Compagnie du Chemin de Fer de Montereau à Troyes. Construite selon un profil très facile suivant le cours de la Seine, elle est parcourue par de petites machines d'inspiration anglaise, construites dans le nord de la France. Un dépôt d'entretien est installé près du village de Flamboin.
Seulement deux ans plus
tard, le Chemin de Fer de Montereau à Troyes est absorbé par la Compagnie de
l'EST qui
finit par construire, entre 1855 et 1857 une liaison directe avec Paris, de Noisy-le-Sec à
Flamboin. La future ligne 41, Paris-Mulhouse, est née. Les machines du dépôt de
Flamboin, bien placé à mi-chemin entre Paris et Troyes, assurent la traction de trains
à caractère essentiellement local.
La gare de Longueville, située à quelques kilomètres de Flamboin, ne se signale que par un grand viaduc à y arches enjambant la vallée de la Voulzie et par un embranchement vers Provins. Seule une petite remise à deux voies, encore visible sur les cartes postales du début du XXème siècle, sert aux besoins de la gare.
Vers 1880, les dimensions plus généreuses des locomotives modernes et la croissance du
trafic omnibus, en particulier de la grande banlieue parisienne, rendent le dépôt de
Flamboin exigu. Afin de disposer de plus d'espace, la Compagnie de l'EST décide le
transfert progressif des activités vers le site de Longueville.
Au début du siècle, les projets sont grandioses. La construction de deux rotondes est envisagée. Malheureusement, leur réalisation tarde. Une première rotonde est bâtie en 1911. La guerre mondiale enterrera le second projet. Bâtie selon un modèle typique des années 1880, c'est précisément cet établissement tardif qui permettra à la rotonde de Longueville de parvenir intacte jusqu'à nous.