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Parisien ou Champenois ?
IV-La renaissance
Fin
1970, l'AJECTA envisage de préserver des locomotives à vapeur à voie normale,
avec d'autant plus d'enthousiasme que les opportunités sont nombreuses: des machines sont encore
en activité et d'autres viennent tout juste d'être garées. Il est donc
recherché une petite remise ou un petit dépôt à proximité de Paris. Des
contacts sont pris avec la SNCF dans l'intention de louer la remise d'Esternay.
C'est alors que l'agence régionale de Gretz signale l'existence d'une rotonde inutilisée à
Longueville. Rendus sur place, c'est le choc ! Un dépôt d'une vingtaine de voies et
rotonde en charpente, avec plaque tournante et voies d'accès; le tout vide,
abandonné et envahi par la végétation. L'endroit est idéal, bien meilleur
qu'une simple remise
et d'aspect ancien avec des relents
vaporeux
en plus.
Très vite, de petites machines sont débusquées: la 040 TA 137 au dépôt SNCF du Mans, et les 130 B 476 et 348 au dépôt CFTA de Gray. Les deux premières sont achetées dès le printemps mais la troisième ne viendra qu'un an plus tard. Un problème demeure, celui du loyer versé à la SNCF. Dans un premier temps, le montant demandé est tel qu'on doit se résoudre à ne prendre que 5 voies du dépôt (ce qui semble tout de même suffisant pour deux machines...). Toutefois, une société de rechapage de pneus en demande aussi la location. Le dépôt va ainsi être partagé en trois, la société OTICO prenant l'ex-atelier, les bureaux et 5 voies attenantes, l'AJECTA occupant 14 voies et la SNCF conservant une voie pour le SES. Cette situation durera jusqu'en 198x.
Sans
parler du matériel, le travail de remise en état est important. Le dépôt est
ouvert à tous les vents et l'équipe va s'atteler en priorité à sa fermeture:
réparation et remise en place des rideaux métalliques, remplacement des
tuiles, des carreaux cassés et des planches
disjointes,
l'objectif étant de protéger les machines des intempéries et des
"curieux". Les travaux de toitures seront à l'ordre du jour pendant
de nombreuses années, certaines travées devenant de véritables piscines lors
des fortes pluies.
La récupération de locomotives continue et les voies du dépôt ne sont finalement pas trop nombreuses. L'objectif est d'organiser des circulations spéciales sur les voies de la SNCF (ce qui sera impossible de 1973 à 1981 pour des raisons juridiques). Le jour de Paques 1973, en substitution d'un train prévu à destination de Semur en Auxois, mais non autorisé en dernière minute par la SNCF, toutes les machines en état de marche sont allumées (140 C 231, 040 TA 137, 141 TB 407, 030 Rimaucourt). L'animation au dépôt est extraordinaire. La vie est revenue.
Une ombre au tableau. C'est aussi à cette époque que la SNCF se débarrasse des derniers vestiges du grill. Les fosses sont comblées, le plan de voies est remanié. Le château d'eau, devenu inutile puisque plus aucune machine à vapeur ne parcourt la ligne 4, est démoli. La signalisation mécanique avec ses beaux portiques est également démontée. Pour éviter le ferraillage du pont tournant (la pratique est courante à la fermeture des anciens dépôts) l'AJECTA doit le racheter à la SNCF....