La petite ceinture de Paris

  (Ou ce qu'il en reste...)
Samedi 5 juin 1993  Spécial COPEF sous le pont de la rue Didot (Photo J.-L. Poggi)
      
Il y a 15 ans, la petite ceinture de Paris n'était amputée que de la traversée du 16eme arrondissement. (La destruction pendant la seconde guerre mondiale du pont du point du jour (à l'emplacement de l'actuel pont de Garigliano) n'avait concerné  que la section Auteuil-Grenelle). En avril 1984, nous sommes partis de Paris-St Lazare et, moyennant un rebroussement à Clichy, nous nous sommes engagés sur la petite ceinture pour un grand tour de Paris.
       D'abord à hauteur d'immeuble, la voie s'enfonce bientôt dans une tranchée profonde croisant brièvement d'anciennes gares oubliées des voyageurs (qui se souvient encore des stations Avenue de Clichy, Avenue de St Ouen  ou Boulevard Ornano ?).
       Sortie à l'air libre au niveau du raccordement de l'Evangile, près de l'ancienne station EST-Ceinture. Le parcours devient plus parisien: traversée du La 140 C 231 traverse la Seine à Bercy (Photo P.Berger) canal de l'Ourcq par le pont de Flandre, gare marchandises de Belleville-Vilette dont un embranchement menait autrefois vers les abattoirs de Paris-Bestiaux, tunnel de Belleville sous Samedi 5 juin 1993 Spécial COPEF  Bifurcation des Gobelins (Voie Grenelle) (Photo J.-L. Poggi) le parc des Buttes-Chaumont, gare de Ménilmontant et sa célèbre passerelle. En abordant l'Est de la capitale, la voie surplombe les rues et enjambe les avenues par de longs pont métalliques. Les murs de certaines stations portent encore des lambeaux d'affiches ou d'horaires.
         Après Bercy et la traversée de la Seine, le parcours devient encore plus insolite car, contrairement au trajet précédent, la ligne ne voit plus qu'exceptionnellement passer des trains. La voie s'enfonce sous les immeubles, en ressort, puis après la gare de La Glacière pénètre dans le tunnel du parc Montsouris. La montée est difficile (la plus forte de toute la ceinture, presque 1 km à 10 mm/m), la machine s'époumone, des paquets de mousse tombent de la voûte répandant une étonnante odeur de terre.
          Le parcours se prolonge en de profondes tranchées au travers du XIVeme arrondissement. Nous passons sous la rue des Plantes, la rue Didot, la rue Raymond Losserand, sous les voies de Paris-Montparnasse au niveau de l'ancienne gare de Ouest-Ceinture. A Vaugirard, nous nous retrouvons sous les fenêtres. Ce n'est pas toujours du goût des riverains qui parfois, alertés par les coups de sifflet, se plaignent d'être tirés de leur lit un dimanche matin...
       Boulevard Victor, c'est fini. Il faut quitter la ceinture et monter à Puteaux en suivant la Seine. Ce n'est pas mal non plus. La ligne serpente au pied des coteaux, longe le parc de St Cloud et grimpe vers Suresnes. Notre train ira ainsi jusqu'à Pontoise puis rejoindra Paris et la Gare du Nord par la ligne d'Ermont. Un bien beau voyage dans la mémoire parisienne.