
|
Ballade en baie de la somme De Paris-Nord à Noyelles s/ Mer |
|
Contrairement à toute attente, la météo était excellente et notre train s'est engagé sur les traces des grands express qui sillonnaient le nord de la France jusqu'au milieu des années soixante, gravissant une nouvelle fois la fameuse rampe de Survilliers, hantise des équipes de conduite. Après un arrêt à Creil pour faire le plein d'eau du tender, notre train a rejoint Amiens où un autre train nous avait précédé, amené depuis St Quentin par la 140 C 314 du Chemin de Fer Touristique du Vermandois. Changement d'orientation pour les deux machines, tender en avant et non plus cheminée en avant, puis départs successifs pour Abbeville et Noyelles par la superbe ligne qui mène au Touquet et à Boulogne. Plus de caténaires, des poteaux télégraphiques, un paysage tout en douceur où l'on pouvait même voir des biches s'enfuir à l'approche du train. A Noyelles, la Pacific 231 G 558 était déjà arrivée de Sotteville avec son train et les voies de la gare côté Chemin de fer de la Baie de la Somme étaient toutes occupées par des locomotives en pression. Quelle ambiance ! L'après-midi, pendant que les trains à voie métrique évoluaient sur leurs voies, la foule présente a pu assister à la préparation simultanée des machines à voie normale, toutes trois originaires des Chemins de Fer de l'Etat, comme on aurait pu le voir sur les voies d'un dépôt de l'Ouest de la France il y a 50 ans.
Le soir venu, la pluie également, la 231 G 558 est repartie la
première, suivie bientôt par le couplage des deux 140 C ayant pour
l'occasion réuni leurs deux rames. Le spectacle était à la hauteur de
l'évènement: c'était sans doute la première double traction de 140 C
effectuée depuis la fin de la vapeur, les dernières remontant
probablement au mois de mai 1971, à l'occasion des dernières
circulations des 140 C du dépôt de Verdun, en tête de trains de chaux sur la
dure rampe de Tavannes.A Amiens, dernières évolutions communes pour reprendre de l'eau puis séparation des équipes de conduite, à regret, chaque machine reprenant sa rame pour retourner vers sa gare d'origine. Une telle rencontre sera à réorganiser sans aucun doute. Le reste du voyage s'est déroulé sans histoire, avec seulement, comme de coutume le dimanche soir, un garage en ligne pour laisser passer quelques rapides et une nouvelle prise d'eau à Creil. Notre train est arrivé, fort tard, sous la grande halle de la Gare du Nord, et y a laissé des voyageurs satisfaits de leur journée. C'est tout ce que nous pouvions leur souhaiter. |